AAPPMA Lacs et Torrents

La gestion patrimoniale de la Truite Fario


Il est maintenant parfaitement établi que les centaines de milliers d'alevins de truites de souches atlantiques (ATLdomestiquées en pisciculture déversés dans nos cours d'eau pendant plusieurs dizaines d'années n'ont strictement servi à rien. Ces déversement n'ont pas augmenté la quantité de poissons dans nos rivières, et pire, elle a mise à mal la souche autochtone méditéranéenne (MED) de l'Isère puisque une partie la population de truites MED s'est croisée avec des souches ATL.

Même après plus de 50 années d'alevinage en ATL, la souche MED, parfaitement adaptée aux contraintes des cours d’eau de montagne est encore présente dans le bassin de la Hte Isére (Encore une preuve de l'inefficacité de ces alevinages). 

Depuis le milieu des années 90, l'Aappma « Lacs et Torrents » s’est engagée dans une gestion patrimoniale, afin de sauvegarder la souche locale de truite Fario méditerranéenne (MED). 




Critères de reconnaissance de la truite fario de souche MED 

(Vous pouvez télécharger ce dépliant ici. Pour plus d'infos, cliquer ici ou sur le site de la fédération de pêche de Savoie ici)



Cette politique consiste à ne pas déverser, dans l’Isère et ses affluents, de truites farios provenant de pisciculture (telle que la souche ATL), afin d’éviter la contamination génétique de la souche endémique MED. Les empoissonnements sont réalisés uniquement en Arc en ciel, et sur des parcours ciblés, où l’enjeu de la reproduction est très faible, voire nul.



Les truites Fario que vous pêcherez, en cours d'eau, seront donc intégralement issues de la reproduction naturelle !





En ce qui concerne la gestion des lacs, celle-ci exige une protection maximale car il s'agit de milieux très fragiles (prise en glace durant 8 mois, rareté de la nourriture, sensibilité des berges au piétinement...). 



Mis en réserve à tour de rôle, pendant 3 ans ou plus, ils sont ensuite ouverts une année. Soit, la reproduction naturelle permet leur auto-fonctionnement (saumons de fontaine au lac noir de la petite Sassière, Cristivomer au lac Blanc et au lac Noir des 5 lacs et du Vallon du Clou, etc...), soit leur population doit être soutenue par l’introduction de truitelles de un an.


Dans les retenues EDF (domaine public), où la reproduction est impossible (sauf la Sassière où la reproduction de l'omble chevalier est constatée), la gestion assurée par la Fédération de Savoie, consiste à déverser des truitelles, ou/et des truites maillées.



Rivières, torrents, lacs... les milieux aquatiques sont fragiles, 

merci de les respecter...



Plusieurs outils de connaissance

Pour bien gérer les milieux aquatiques, il est essentiel d’avoir le maximum d’informations sur les populations piscicoles, et grâce à un suivi rigoureux, de mieux connaître leur évolution.

L'AAPPMA Lacs et Torrents a la chance de disposer de plusieurs outils et de travailler avec de nombreux partenaires :



La passe à poissons de la retenue de Montrigon.

En 1990, l’Isère, a été classée rivière à migrateurs par arrêté ministériel, d’où l’obligation d’installer sur les infranchissables, des ouvrages de montaison. Ainsi, en 1995, Edf a dû équiper les vannes de la retenue de Montrigon, d’une échelle à poissons par bassins successifs, doublée d’un ascenseur.




Ce système complexe permet la franchissabilité pour une hauteur de 8 m, mais aussi, grâce à une caméra, d’enregistrer les passages des poissons, et donc de mieux comprendre la biologie de la truite Fario.



Les études génétiques.

Financées par la Fédération de pêche de Savoie et le Conseil général, elles ont permis d’identifier la présence d’une souche locale Fario Isère- Méditerranéenne, qu’il est essentiel de sauvegarder (d’où le choix de ne plus déverser de Fario d’origine atlantique).



                            

Les pêches électriques, les études piscicoles et hydro biologiques.


Chaque année, elles sont réalisées par la Fédération de Savoie, l’ONEMA (Office national de l’Eau et des Milieux Aquatiques), et par des bureaux privés dans le cadre de suivis (ex : impact des prélèvements pour la neige de culture, vidanges de barrages etc …).


INFOS Mars 2012 : Des résultats d'analyse génétiques sur 33 truites fario échantillonnées de l'Isère au pont de la Bonneville viennent de nous parvenir. 

Cette étude a été menée par P. Berrebi, directeur du CNRS de Montpellier (Equipe Génétique et Environnement) et par un chercheur italien, avec l'aide de la Fédération 73 (pêche électrique du 9 septembre 2010).

Le rapport conclue à "une population purement sauvage locale (...). L'échantillon Isère présente 3 % de gènes de truites domestiques atlantiques, considérés comme "du bruit de fond". On peut donc admettre cet échantillon comme purement sauvage. Parmi les truites françaises, celles de l'Isère sont "différentes des autres truites".

 
Sa préservation est donc essentielle, elle fait partie de notre patrimoine 

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Suivi de la migration des truites par transpondeur                   

Depuis l’automne 2011près de 2000 truites et truitelles  fario, de l’Isère et du Doron de Bozel, ont été marquées par la présence de transpondeurs logés dans la cavité abdominale ou dans les muscles dorsaux des poissons, suivant la taille de l’individu. Une dernière campagne de marquage aura lieu également en 2012. Des antennes fixes sont déjà en place à des endroits stratégiques afin de détecter les poissons marqués. Cette étude qui durera au total 4 années consécutives nous permettra de suivre le déplacement des salmonidés marqués tout au long de leurs cycles biologiques.

Transpondeur Pit-Tag implanté dans les truites de l’Isère et du Doron de Bozel


Insertion d'un transpondeur Pit-Tag dans le dos de ce poisson


Pêcheurs aidez nous !!!

En effet, un poisson marqué est très facilement reconnaissable puisque sa nageoire adipeuse a été sectionnée

                       1ier cas : le transpondeur est implanté dans les muscles dorsaux

 2ième cas : le transpondeur est implanté dans la cavité abdominale (nageoire adipeuse également sectionnée)

Si vous relâchez le poisson, il continuera de participer à notre étude. Si vous décidez de le conserver, il est important que la Fédération puisse recueillir les données, en nous rapportant le transpondeur (avant cuisson du poisson) et de nous mentionner la date, le lieu, le poids et la taille de la capture soit à :

-   A l’AAPPMA locale,café Martin (Place Marcel Gaimard – 73700 Bourg St Maurice –  Tel : 04-79-07-04-07).

- OU à la fédération de pêche de Savoie (ZI Les Contours - 73230 St Alban-Leysse Tel : 04-79-85-89-36 ou 04-79-85-73-09)

Plus d’inform
ation :            
           


Pêche de sauvetage de Montrigon et marquage des truites par transpondeur