AAPPMA Lacs et Torrents

Protéger et restaurer nos cours d'eau



Si l'AAPPMA a choisi un mode de gestion patrimoniale de la truite fario, c'est qu'elle compte exclusivement sur une reproduction naturelle de l'espèce, alors que nos cours d'eau ne sont pas parfaitement fonctionnels.

Imaginez l'Isère avant que l'homme ne la bouleverse. Celle-ci contenait une multitudes de bras tressées et de méandres créant une grandes diversité d'écoulements et d'habitats dissipant son énergie lors de crues saisonnières.



A partir des années 1900, l'Isère et ses affluents ont subit de graves perturbations induites par l'Homme. 


Enrochement des berges, endiguement, réduction importante de la largeur du lit et extraction de graviers pendant plusieurs années ont provoqué un enfoncement du lit (parfois de plus de 2 mètres !) ayant pour conséquence une déconnexion des affluents et des bras secondaires de l'Isère.


Ces perturbations ont également grandement diminué la quantité et la qualité des habitats piscicoles puisque les sous-berges par exemple ne sont plus immergées pour accueillir des poissons. 

Lors des crues, les vitesses d'écoulements des eaux sont devenues trop importantes du fait de l'endiguement du lit, ce qui a aggravé le risque de débordement. Les alevins n'arrivent plus à trouver des zones de repos et de refuges dans des bras morts ou secondaires.


En ce qui concerne les affluents, certains ont été bétonnés (cas du Charbonnet aval où aucun poisson, ni même un insecte ne peut vivre !), d'autres sont munis d'infranchissables (seuils en béton sur le Versoyen, seuils en enrochement sur le Reclus, etc...), beaucoup ont été busés empêchant les truites de remonter frayer (Torrent de Longefoy, de la Ravoire, etc...). 

Ces perturbations impactent donc fortement la reproduction des truites et donc la biomasse. En ce qui concerne les autres espèces, le vairon a quasiment disparu de l'Isère et les populations de chabots ont drastiquement diminué.


Suppression d'une buse infranchissable sur le ruisseau de la Provenchère (commune de Séez). Les truites sont incapables de franchir cet ouvrage, supprimant plus de 200 m de frayères en amont. Cette buse a été remplacée par un ponton en mélèze en 2013.


Suite à cette trop longue liste de dysfontionnements, nous rajouterons enfin l'impact des usines hydroélectriques, fortement représentées sur l'Isère et ses affluents, alimentées par les grands barrages (Chevril, Roselend...)


Les conséquences sont multiples comme par exemple l'anéantissement des frayères en aval du bassin de compensation de Montrigon lors des lâchers d'eaux journaliers trop brutaux, ou le colmatage du lit en alluvions en amont de Bourg Saint Maurice puisque le Barrage du Chevril ne permet plus à l'Isère se recevoir des crues importantes qui façonnent le lit du cours d'eau.


Malgré cela, nos cours d'eau conservent encore un potentiel piscicole interéssant, mais il peut largement être amélioré. 

L'AAPPMA devait impérativement mener une politique ambitieuse de restauration et de protection des milieux aquatiques, dans la mesure de ses moyens.


Plusieurs actions ont été menées après 1990 afin de protéger la reproduction de la truite fario : arrêt des alevinages, mise en réserve des confluences ou des cours d'eau ayant un fort potentiel de reproduction (Cas du ruisseau de l'Eglise en arrêté de protection de Biotope en 1996), interdiction de marcher dans le lit de la Haute Isère en amont de Bourg Saint Maurice (arrêté permanent 1997), restauration de frayères, etc...


Depuis 2010, le contrat de bassin "Isère en Tarentaise" a vu le jour. Ce contrat permettra de préserver notre ressource en eau et favorisera radicalement le potentiel piscicole et écologique de l'Isère. C'est une occasion UNIQUE de restaurer ce qui peut l'être encore !


Par exemple, la continuité écologique du Versoyen, du Reclus mais également de l'Isère au pont de Malgovert sera rendue possible, permettant aux truites de l'Isère de remonter facilement les cours d'eau pour se reproduire. 

Plusieurs bras secondaires de l'Isère, déconnectés à cause de l'endiguement sont de nouveau remis en eau, permettant de créer des zones de reproduction pour les géniteurs et d'habitats pour les alevins de truites (Reconnexion bras de l'Eglise, et bras du ranch et d'Arc Aventure). 

Des crues seront à nouveau recréées afin de rendre aux cours d'eau un espace de liberté suffisant.


Le Bras dit d'Arc aventure réalimenté en eau au printemps 2012 servira de zone de reproduction ou de refuge pour les alevins de truites fario



Le Bras du ranch également remis en eau également au printemps 2012



Le Bras de l'Eglise reconnecté à l'Isère en Septembre 2012


Grâce aux aides financières du contrat de bassin Isère en Tarentaise, l'AAPPMA continue de restaurer d'autres affluents de tailles plus modestes mais très importants également pour la reproduction de la truite fario : suppression/aménagement de buses infranchissables sur des affluents de l'Isère, amélioration de la confluence de certains ruisseaux, etc...

Les bénévoles procèdent également à des nettoyages de cours d'eau envasés et en améliorant l'habitat des poissons par l'ajout de bloc rocheux.


Que vous soyez pêcheurs ou non, venez nous aider à améliorer l'état de nos cours d'eau ! 


Malgré un contexte économique difficile, la ressource en eau est un enjeux majeur pour notre vallée dont l'activité touristique hivernale est la base de son développement. L'activité touristique estivale connait actuellement une certaine croissance et le nombre de pêcheurs touristes ne cessent d'augmenter. La restauration des milieux aquatiques permettra ainsi de préserver notre ressource en eau, pour le bonheur des habitants de la Haute-Tarentaise, ainsi que des touristes et pêcheurs amoureux de la nature !